INSTITUT SPINOZA

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« La force d’une conviction

est sans rapport avec sa véracité »

Irwin Yalom, le Problème Spinoza

GRAND PROJET 2023

SYMPOSIUM INTERNATIONAL :

RÉHABILITER SPINOZA

16322022

Sous l’initiative

de Patricia Trojman, Dr en Philosophie, Présidente de l’Institut Spinoza, auteur des « Sources de la joie et de l’épanouissement de l’être chez Spinoza »

et Arno Münster, philosophe, Spécialiste de l’Ecole de Francfort, Président d’honneur de l’Institut Spinoza, auteur de « Ernst Bloch, Baruch de Spinoza, quatre conférences »

Sous le haut parrainage du philosophe Robert Misrahi, Professeur émérite de philosophie de l’Ethique, Panthéon-Sorbonne, Paris I.

NOTRE MANIFESTE POUR LA REHABILITATION OFFICIELLE DE LA PENSEE DE SPINOZA :

Pourquoi chercher à réhabiliter la pensée de Baruch de Spinoza ?

Ce projet a commencé un 29 Avril 2007

Cette réhabilitation se justifie aujourd’hui par ces 5 points :

  1. Un constat : les faits historiques cités par Ernst Bloch grâce au dernier ouvrage d’Arno Münster qui dévoile au public les quatre grandes conférences consacrées à Spinoza, cette rencontre de ces deux grands révolutionnaires de la pensée, l’auteur du Principe Espérance et le premier déconstructeur des appareils théologico-politiques ainsi que de toute la métaphysique occidentale avant Nietzsche et avant Derrida, est un événement que le monde intellectuel ne peut passer sous silence pour une double raison:

Arno Münster est un des plus grands spécialistes et témoin de la pensée de l’Ecole de Francfort et d’autre part sa traduction en français des quatre conférences d’Ernst Bloch qui ont nécessité un énorme travail de recherches permet de lire un texte d’une densité remarquable sur l’ensemble des points essentiels du système de Spinoza, citons Ernst Bloch : « Spinoza a été non seulement comme le disait Lessing, traité comme un « chien crevé » (Marx, Le Capital, TI, 1867, 27), mais il a été traité comme si lui, l’homme le plus noble qui est jamais vécu et qui fut un penseur du plus haut niveau, incarnait en sa personne la gale. Rarement, une telle vilenie et une telle bêtise n’auront triomphé au-delà de sa mort. Cela a duré deux siècles, encore jusqu’aux Lumières. Même Pierre Bayle ne mentionne pas Spinoza dans son Dictionnaire historique et critique, qui est paru à Rotterdam de 1695 à 1697, que comme un objet d’insulte. Un pasteur protestant du nom de Colerus a orné le portrait de Spinoza des mots : « Signum reprobationis in vulgo gerens (portant sur son front le signe de la bassesse ou dépravation(…) Puis arrivèrent les nazis. Ils ont poussé ici la vilenie à l’extrême. Mais cette fois-ci ce n’était pas dirigé contre la matérialiste et l’athée Spinoza mais contre le juif Spinoza. Et ainsi est né un rapport entre ces trois grands juifs qui n’ont peut-être pas beaucoup de choses en commun, entre le Christ, Baruch Spinoza et Karl Marx. Ces derniers étaient pour ces chiens, comme il convient, « étrangers à l’espèce », et ils les appelaient vraiment ainsi. C’est le dernier coup que Spinoza a reçu de la part du même peuple allemand qui l’avait reconnu en premier (avec Hegel et Goethe). Mais nous considérons le spinozisme (…) comme le plus fort système de l’en-deçà qui n’est jamais été créé dans les temps modernes » .

  • Une exigence de réhabilitation de la pensée de Spinoza se fait sentir, nous insistons sur ce point, de la pensée de Spinoza et non de Spinoza lui-même, dans la mesure où le Herem prononcé le 27 Juillet 1656 par le Mahamad d’Amsterdam (Autorité juridique et non religeuse précisons-le particulière aux juifs décidant de son exclusion de la communauté juive d’Amsterdam) a été levé car historiquement, il y a, qu’on le veuille ou non, prescription, car un Herem ne peut être maintenu ad aeternam, il a même été symboliquement annulé par Ben Gourion en 1948, en dépit de la réprobation des rabbins.
  • Nous n’avons donc nul besoin de l’approbation des instances religieuses du judaïsme orthodoxe ou hétérodoxe, chacun viendra de soi-même à titre individuel pour enfin lire Spinoza et diffuser sa pensée.
  • Nous avons pour mission de lutter contre un Herem plus sournois qui frappe la philosophie de Spinoza elle-même, car ce Herem de la pensée perdure par la censure de l’exercice même de la pensée libre, laïque et critique préconisée par Spinoza.
  • Ce manifeste s’adresse à diverses philosophies qui n’ont eu de cesse de pratiquer l’anti-spinozisme qu’elle soit l’héritière de la pensée de Lévinas, ou de courants d’une pensée dogmatique, conservatrice ou anti-libérale.

Ce qui est tout à fait paradoxal dans un contexte de redécouverte de la pensée de Spinoza par des grands spécialistes de la traduction du latin en français ( les éditions des Presses universitaires de France PUF, les oeuvres complètes, menées par Pierre-Francois Moreau ) par exemple proposant une nouvelle traduction de l’Ethique et le dernier ouvrage de traduction et commentaire de l’Ethique de Maxime Rovere aux éditions Flammarion) et des vulgarisateurs du spinozisme dans le cadre de techniques de développement personnel et professionnel.

En effet ce manifeste se veut spinoziste dans l’urgence d’une utilisation des matériaux de réflexion critique dans nos sociétés occidentales soumises à l’idéologie de la pensée unique.

Matériaux que Spinoza nous a fourni pour mieux comprendre et gérer nos affects, mieux comprendre et gérer nos interactions entre notre corps et nos pensées, mieux comprendre et gérer les pathologies sociales et politiques que le monde numérique ne fait qu’encourager dans une forme de confusion informationnelle généralisée, mieux comprendre et gérer les dogmatismes religieux qui ne sont en réalité que des dogmatismes de domination politique, mieux comprendre et gérer nos propres représentations pour accéder à une désaliénation.

Ce processus de distanciation critique, Spinoza en est le fondateur par la recherche des causes qui a occupé l’ensemble de son système.

Son idéal de vie du sage, jusqu’ici qualifiée de « vie rationnelle » (vita rationalis) est désormais présentée comme une « vie qui vaut la peine d’être vécue » (vita vitalis), soit une vie pleine et accomplie en accord avec la notion de « conatus » ou de « persévérance dans l’être ». Cette vie intellectuelle que Spinoza n’imaginait pas autrement que collégiale n’est jamais un ascétisme mais une recherche collective permanente au nom d’une vérité commune et d’une éthique universelle, sans céder à la démagogie.

Spinoza dérange encore aujourd’hui et c’est bien le symptôme de notre difficulté à nous attaquer aux faux-semblants, aux manipulations, aux sophismes et illusions entretenus par nos sociétés post-modernes.

Toutes ces illusions ont été les produits d’une pensée manichéenne, dualiste, incapable de penser la complexité et la totalité du réel.

Cette libération passe par une reconnaissance de notre non-liberté, la réconciliation de la science et des droits de l’humain.

Spinoza a été le premier grand déconstructeur des peurs et des pensées mortifères du 17 è siècle et la question est de savoir : que peut apporter Spinoza à la pensée contemporaine pour un mieux vivre ensemble ?

A ce titre nous proposons ce manifeste de réhabilitation officielle de la pensée de Spinoza, la levée définitive d’une censure qui a contribué à maintenir l’obscurantisme religieux et politique et un certain totalitarisme de la pensée.

Mais n’oublions pas que Spinoza est à lui-même son propre manifeste pour le droit au bonheur et à l’épanouissement de chacun, car notre propre nature l’exige, qualifié d’«anomalie sauvage », Spinoza est loin de faire l’unanimité, et ce manifeste pour sa réhabilitation vise à construire de nouveaux cercles d’amis et des noyaux de résistance à toutes les formes d’asservissement de ce qui constitue notre humanité.

  • Vous trouverez notre programme sur notre site en suivant le lien http://www.institutspinoza.org
  • Notre projet commun est bien la réhabilitation officielle de la pensée de Spinoza : nous insistons sur « officielle » car notre travail doit aboutir à une sortie officielle de Spinoza du « Herem » en Europe (Paris, Amsterdam) et en Israël, nous précisons d’autre part « de la pensée de Spinoza  » et non de « Spinoza », distinguo d’importance dans la mesure où ce n’est pas tant l’excommunication (herem) de Spinoza qui nous intéresse (celui-ci a eu lieu et il y a prescription par obsolescence) mais de l’excommunication d’une pensée libre perçue comme libertaire et subversive dans une Europe qui aujourd’hui connaît des dogmatismes théologico-politiques et une méfiance à l’égard de la laïcité. Cette excommunication qui n’a plus aucune raison de perdurer dans les consciences encore aujourd’hui, car la pensée de Spinoza est bien génératrice d’épanouissement de l’être, de bien-être et de libérations.
  • l’adhesion est de 20 euros si vous voulez être membre de l’Institut Spinoza et en même temps Soutenir notre projet en adhérant à l’INSTITUT SPINOZA en déposant vos inscriptions dans la rubrique « CONTACT » du site ou directement sur le mail : trojmanpatricia@institutspinoza
  • Cela nous permettra de matérialiser un Colloque sur :
  •  La déconstruction (que Spinoza a entrepris avant Derrida de la pensée théologico-politique occidentale) prévu le 16 Mars 2022 au CUM à Nice,
  •  d’assurer des publications, des conférences et des interventions au sein des grands médias d’information.
  • N’hésitez pas à nous écrire si vous souhaitez ajouter les adresses mail des personnes intéressées à notre Institut.

L’Institut Spinoza aura pour mission de développer non seulement la pensée de Spinoza elle-même mais l’esprit critique en matière de savoir : traitement de l’information, des religions, de l’idéologie et de ses mécanismes, travail de déconstruction du dogmatisme et de la tyrannie de la pensée unique par la relecture des textes. Oui Spinoza en a été l’initiateur et nous permettra d’aborder d’autres philosophes, des sujets et des problématiques avec cette approche objective et critique.

Notre site internet avec ses sources biographiques, bibliographiques, exégétiques, historiques sur Spinoza à la fois héritier des marranes et annonciateur d’une certaine modernité. L’Institut Spinoza se fera l’écho de nos formations, avec un forum d’opinions à votre disposition et l’archivage de nos colloques et conférences. L’Institut Spinoza dispensera des formations auxquelles vous pourrez vous inscrire de façon ponctuelle. Différents séminaires que nous vous proposons :

SÉMINAIRE 1

Pratique de pensée spinoziste positive : le bien-être en milieu professionnel

SÉMINAIRE 2

Pratique de pensée spinoziste positive à visée pédagogique pour les enseignants

SÉMINAIRE 3

Pratique de pensée spinoziste positive à visée politique et géopolitique en traitement de l’information

SÉMINAIRE 4

Pratique de pensée spinoziste positive pour une déradicalisation des discours religieux et politiques.

Nous pourrons intervenir dans ces quatre formations.

Arno Munster, philosophe et spécialiste de philosophie politique contemporaine, disciple de Ernst Bloch est Président d’Honneur de l’Institut Spinoza car toute son activité philosophique est marquée par cet impératif spinoziste qui est de « résister » à toutes les les formes d’oppression, de servitude et de domination de l’homme par l’homme.

Ses dernières publications :

Ernst Bloch : Baruch de Spinoza ( Quatre conférences), Traduction de l’allemand, annotation et introduction (présentation) par Arno Münster, Editions Delga, Paris, 2021

Arno Münster, Ernst Bloch und Spinoza. (Erläuterungen zu Bloch’s Leipziger Vorlesungen zur Geschichte der Philosophie), Talheimer-Verlag, Mössingen-Talheim, 2021, « livre comportant deux contributions de Patricia Trojman sur le « Herem » et sur l’influence exercée sur Spinoza par Salomon Jarchi, Ibn Ezra et Jehuda Halevy. »

Baruch de Spinoza : quatre conférences

Caute, le sceau avec lequel Spinoza cachetait ses lettres, signifie précaution, « prudence, avec ses initiales, B.D.S, Baruch de Spinoza, une rose qui fait référence à son nom qui signifie en portugais l’épineux, tel est ce message de mise en garde face aux dangers des écrits mal compris et mal transmis ». Spinoza était soucieux de communiquer ses idées qu’à ceux qui étaient capables de les comprendre, cela n’a pas empêché Spinoza de publier de son vivant, mais sous un pseudonyme le Traité théologico-politique, cependant les malveillances l’ont poursuivi durant deux siècles.


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